La culture de dattes tient un rôle majeur sur le plan économique, social et écologique de la Tunisie. En effet, les revenus des régions des oasis du sud sont très dépendants de cette production. Le pays est d’ailleurs le premier exportateur mondial de ce fruit en termes de valeur.Pour rappel, l’essor de la culture de palmier remonte de plusieurs siècles suite à l’introduction d’un système social de distribution d’eau dans les oasis. Actuellement on en décompte plus de 200 variétés. Dans cet article, nous allons passer en revue la répartition géographique de production de palmeraies, les difficultés rencontrées par les agriculteurs tunisiens ainsi que la description du métier d’un travailleur saisonnier en agriculture.
Le développement de la culture de dattes date depuis le 13ème siècle, à l’époque où Ibn Chabbat a mis en place un plan de partage des eaux pour l’amélioration de l’irrigation de l’oasis de Djérid. Le système de production intègre un fractionnement de débit des barrages, un aménagement hydraulique des terrains plantés de palmiers, la culture en étages et la diversification des variétés de dattes. Grâce à la modernisation de l’aménagement hydraulique, les palmeraies tunisiennes s’étendent actuellement sur un terrain de 22 500 ha avec 3 millions de pied environ. Les régions de Djérid et de Nefzaoua, dans le sud sont les plus grands producteurs de ces fruits. Cela est dû à leursconditions climatiques qui permettent la maturation des variétés de dattes comme « Deglet Ennour » « Ftimi » « Kentichi » etc.Les chiffres indiquent que la production « Deglet Ennour » constitue 30 % de la production à l’échelle mondiale et 70 % de la production nationale. La hausse des exportations des dattes certifiées biologiques a également amélioré la recette.
Dans ces régions du sud, beaucoup de foyers vivent de la production de dattes et l’utilisation des sous-produits pour leur cheptel.La majorité des exploitations sont de petite taille dont la plupart sont mises en parcelles par métayage.
La culture s’étend sur deux types d’oasis, les oasis traditionnelles bien drainées avec des plantations de palmiers anciens et les oasis modernes avec des aménagements de réseaux hydrauliques. On retrouve des nombreux cultivars dans les oasis anciennes (une quinzaine à une trentaine de variétés dans une plantation de palmeraie de 130 pieds par ha. Ces variétés sont cultivées avec des céréales, des fruitiers, des fourrages etc.En revanche, les oasis modernes ne présentent que très peu de diversité génétique.
La filière inclut 3 types d’acteurs : les producteurs de petite taille, les conditionneurs-exportateurs en petit nombre, et les collecteurs. Avant d’atteindre les consommateurs et les marchés locaux, les espèces fruitières passent par des nombreux intervenants comme le collecteur, le stockeur, le grossiste, le détaillant ou le commerçant. Concernant l’organisation du marché à l’export, les exportateurs achètent la datte auprès des exportateurs sur la base d’un prix plancher fixé par le GIF, Les fruits sont ensuite conditionnées et stockées dans les stations des exportateurs qui les vendent sur les marchés européens. En ce qui concerne la structure liée au marché local, les collecteurs achètent les dattes après récoltes ou après stockage et les écoulent auprès des grossistes. Les prix ne sont pas fixes. Voilà un bref aperçu du secteur phoenicicole dans le sud mais cette filière est aussi exposée à des grandes difficultés et des contraintes de développement.
Le gouvernement a fait des efforts louables pour améliorer la qualité et la production des dattes tunisiennes afin qu’elles restent compétitives sur le marché international. Cependant, la production est dépendante des contraintes majeurs comme l’irrigation, le mode d’exploitation, le manque de données techniques fiables dans le domaine et le rapport de force défavorable entre les producteurs et les exportateurs.
-Certaines nappes du sud ont des problèmes de salinité à cause de la présence des eaux de drainage des oasis dans ces nappes. On remarque aussi un problème de limitation des ressources en eaux dans certaines régions phoenicicoles dont un déficit dans les barrages de plus de 400 millions de m3.
-La deuxième contrainte concerne l’exploitation de petite taille qui limite les récoltes. Les parcelles sont souvent transmises par héritage. De plus, les mains-d’œuvre qualifiées sont rares alors que la technique pratiquée nécessite la pollinisation manuelle. A cela s’ajoutent les problèmes techniques comme la mauvaise maîtrise de l’étape de désinsectisation, l’utilisation abusive de l’eau à certaines périodes, la mauvaise irrigation de la culture et la protection insuffisante contre les pluies de l’automne. En effet, cette culture requiert une irrigation importante autour de 18 000 m3 par ha environ. En outre, pendant les pluies automnales, les cultivateurs doivent poser des moustiquaires pour protéger la culture contre la pyrale. Or, le coût de cette protection n’entre pas nécessairement dans le prix d’achat des dattes.
-L’autre contrainte concerne la visibilité de commercialisation sur les marchés (locaux ou extérieur) de ce produit. La vente de dattes sur pied d’arbre dattiers affiche par exemple un retard de vente pour l’année dernière suite aux difficultés conjoncturelles dues au coronavirus. Ce qui pourrait affecter le conditionnement et le niveau du prix à l’achat. Heureusement que l’Etat a pris des mesures pour éviter l’entrave du rythme de l’exportation.
-Mais le plus grand problème des cultivateurs reste au niveau du prix des dattes.Les collecteurs ne tiennent pas souvent compte du prix plancher fixé. Ce qui donne un faible pouvoir de négociation de prix aux cultivateurs à cause de leur petit nombre tout en favorisant en même temps la spéculation. De leur côté, les collecteurs qui achètent sur pied peuvent aussi subir de perte en fonction du cycle de commercialisation.
Bref, pour ces différentes contraintes, la solution consiste à optimiser la valorisation de l’eau et la qualité des fruits, à mieux réguler la chaîne d’approvisionnement et les modes de rémunération des intervenants dans cette filière et à diversifier les débouchés du produit.
La récolte de dattes est un travail saisonnier qui se fait de l’été jusqu’à l’automne. Les arabes nomades du désert réalisent souvent ce travail dans les exploitations. Le saisonnier ou l’ouvrier agricole est un métier d’appoint qui n’exige aucun diplôme ni formation.Les travaux saisonnier agricole sont nombreux : aide agricole en viticulture, planteur, aide viticole, l’aide-pépiniériste, l’aide-viticulteur, le vendangeur, le cueilleur… Le cueilleur travaille dans l’air frais en participant à des opérations de culture comme la cueillette de vendange et d’autres fruits de saison, l’entretien de la terre, la récolte des légumes verts…. Les opérations sont souvent manuelles et réitératives. Pour la cueillette des abricots par exemple, les fruits sont cueillis sur les arbres, puis triés et pesés. Mais quelquefois un ouvrier agricole saisonnier en agriculture peut être amené à apprendre le maniement d’un tracteur. Ce qui nécessite une excellente condition physique et une adaptation aux conditions climatiques. Le travailleur saisonnier en agriculture doit aussi faire preuve de patience et d’esprit d’équipe.
S’il s’agit d’une vendange mécanique, l’opération demande moins de main-d’œuvre. Les salariés saisonniers travaillent quelquefois en horaire décalés dans les exploitations arboricoles, viticoles, vinicoles et la pépinière. Ils sont généralement hébergés et restaurés sur place par l’employeur. Enfin, concernant leur rémunération, les salariés saisonniers touchent généralement leur paie par kilo de fruits cueillis.